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La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc

Dans la Prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc (1830-1962) , Christelle Taraud explore un champ de recherche jusqu’alors peu exploité (l’ouvrage a reçu, en mai 2004, le prix Alf Andrew Heggoy Book Price décerné par The French colonial historical Society pour le meilleur livre de l’année concernant l’histoire coloniale française). Il est rare en effet que les historiennes traitent de cette question et son étude — originale par ses sources et son analyse — s’attaque au cœur du sujet en soulignant le lien entre la domination coloniale et la domination sexuelle. Les trois axes choisis par l’auteure — la réglementation, la marginalité, les fantasmes et les réalités — permettent une approche approfondie des codes et des mécanismes du réglementarisme colonial. Le modèle occidental s’est imposé à des sociétés considérées comme instructurées et tribales.

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Mauresques

Colonial prostitution. Algeria, Tunisia, Morocco

In colonial Prostitution. Algeria, Tunisia, Morocco (1830-1962), Christelle Taraud explores a field of research little exploited (the book has received, in May 2004, the Alf Andrew Heggoy Book Price Prize awarded by The French colonial historical Society for the best book of the year for the French colonial history). It is indeed rare that historians deal with this issue and its – original by its sources and its analysis – study tackles the heart of the matter stressing the link between colonialism and sexual domination. The three axes chosen by the author – regulation, marginality, fantasies and realities – allow a thorough approach to codes and mechanisms of colonial regulationist. The Western model has emerged to considered as instructurees and tribal societies.

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Mauresques

S’ajoute à cette première étude un album, Mauresques. Femmes orientales dans la photographie coloniale 1860-1910 , qui est une recherche par le biais de l’image (250 photos inédites du fond Roger Violet). Deux ouvrages qu’il est donc difficile de séparer tant l’un et l’autre se complètent — le second étant la version esthétique du premier — pour une meilleure compréhension de cette double exploitation des femmes, sexuelle et coloniale.

Christelle Taraud éclaire ainsi tout un pan caché de l’influence des fantasmes d’antan sur l’imaginaire relationnel et sexuel occidental ; la fascination pour l’orientalisme faisant aussi écho à l’ébauche, au XIXe siècle, des revendications d’autonomie des femmes occidentales. « L’orientalisme impose […] une image de féminité oisive, passive et offerte qui n’est pas anecdotique. Elle traduit l’idée qu’en Orient il serait encore possible de retrouver le paradis perdu, c’est-à-dire un rapport entre les hommes et les femmes qui soit “naturel” et “simple”, conforme à la traditionnelle domination masculine. »

 

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femmes et homme Orientals

 

Les conquérants sont d’abord confrontés aux odalisques et aux almées, c’est-à-dire aux citadines en haut de la hiérarchie sociale. La fascination que ces femmes exercent est illustrée par les premières peintures orientalistes qui transcrivent leur sensualité langoureuse et raffinée et, parfois aussi, une manière d’autonomie dans l’enfermement. Mais bientôt la beauté étrange se transforme en beauté primitive et les photographes se chargent de théâtraliser les fantasmes d’exotisme où la représentation des femmes évolue de la sidération à l’encanaillement. Le rêve est terminé, le processus de dégradation des femmes est entamé. “ Entre l’imaginaire érotique des Orientalistes et la réalité prostitutionnelle des journaux de reportage, s’intercale une gamme infinie de représentations : cartes postales de “Mauresques”, films coloniaux, qui propose presque toujours une lecture essentialiste du rapport homme-femme, en conformité avec la domination masculine. ” Plus question d’un semblant d’autonomie qui pourrait freiner le commerce touristico-sexuel qui se généralise.

Le dévoilement des femmes, lié à la problématique de la relation de l’Islam à l’image, est un message sans ambiguïté aux hommes des pays conquis. La représentation photographique est une violence subtile qui traduit par le fait l’appropriation réelle ou symbolique des femmes, en même temps qu’elle est une insulte publique à la société. Peu à peu, l’orientale fait place à l’indigène — avec l’instauration du code qui correspond à l’organisation politique de l’exception racialisée — et enfin à la “ fille soumise ” avec l’entrée dans une modernité prostitutionnelle de type capitaliste . “ En révélant la véritable condition de la majorité des prostituées par rapport à leur société d’origine (musulmane, juive, européenne), mais aussi au sein du système réglementariste colonial, et en mettant l’accent sur la violence, la faim, la misère sexuelle qui fondent l’essentiel de leur quotidien, il s’agit bien sûr de dévoiler l’homogénéité, “indigène” et coloniale, de la domination masculine, mais aussi d’exposer en pleine lumière, la réalité d’un esclavage sexuel “moderne” et “racialisé”. ”

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genecologie

Le réglementarisme colonial de la prostitution institutionnalise ainsi la domination sexuelle. L’implantation d’un système répressif s’accompagne de l’hypocrisie des autorités quant au profit qu’elles tiraient du contrôle de la prostitution — et de la misère sociale — sous couvert de “péril” vénérien et sous prétexte de sauvegarder la morale. Outre les maisons d’abattage où des prostituées sous-alimentées subissaient jusqu’à 70 rapports sexuels journaliers, la vente des femmes pour les quartiers réservés et les maisons closes, il y a aussi les bordels militaires de campagne français. Bordels militaires qui resteront en place jusqu’à l’indépendance algérienne, pour preuve “ l’affaire de Turenne ” en 1961 qui montre que le racisme s’allie à la domination coloniale pour justifier une situation fort lucrative et la banalisation des traitements inhumains et dégradants.
La convergence entre le système économique et social de la colonisation et l’ancien mode organisationnel pose la “ question de la marginalité économique et sociale des prostituées par le biais de l’explosion urbaine, de la prolétarisation et du déclassement, propres à l’instauration d’un capitalisme industriel offensif porté par la colonisation, mais aussi de jauger l’impact de cette implantation sur les sociétés d’origine et notamment sur la famille patriarcale traditionnelle. ”

 

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genecologie coloniale

 

 

An album, Moorish adds to this first study. Oriental women in colonial photography 1860-1910, which is a search through the image (250 unseen photos of the bottom Roger Violet). Two books that it is therefore difficult to separate both the one and the other are complementary – the second being the aesthetic version of the first – for a better understanding of this double exploitation of women, sexual and colonial.

Christelle Taraud and enlightens a whole hidden influence of yesteryear fantasies on the relational imagination and sexual occidental; the fascination for Orientalism also echoing the draft, in the 19th century, claims of autonomy of Western women. « Orientalism requires [...] an image of femininity idle, passive and offered which is not anecdotal. It reflects the idea that in the East it would still be possible to regain paradise lost, i.e. a report between men and women that is « natural » and « simple », in accordance with traditional male dominance. »

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femmes et homme Orientals

 

The Conquerors are first confronted the odalisques and the professional, i.e. at the citadines at the top of the social hierarchy. The fascination that these women have is illustrated by the early orientalist paintings who transcribe their refined and languid sensuality and, sometimes, a way to autonomy in confinement. But soon the strange beauty turns into primitive beauty and photographers are responsible for dramatise the fantasies of exoticism where representation of women is stunning to the encanaillement. The dream is finished, the process of degradation of women is initiated. « Between the erotic imagination of the orientalists and fits the prostitutionnelle reality of reporting logs, an infinite range of performances: »Moorish »postcards, colonial films, which almost always offers an essentialist reading report male-female, in accordance with male dominance. » More question a semblance of autonomy that could curb the tourist sex trade that spreads.

The unveiling of women, linked to the problem of the relation of Islam to the image, is a message unambiguously to the men of the conquered countries. Photographic representation is a subtle violence reflecting the fact the actual appropriation or symbolism of women, though it is a public insult to the company. Little by little, Oriental gave way to the native – with the introduction of the code that corresponds to the organization policy racialized exception – and the « subject girl » Finally with the entry in an prostitutionnelle modernity of capitalist type. » By revealing the true condition of the majority of prostitutes from their society of origin (Muslim, Jewish, European), but within the colonial regulationist system, and with emphasis on violence, hunger, sexual misery who based most of their daily lives, it is of course reveal the homogeneity, « indigenous » and colonial, male dominance, but also expose in full lightthe reality of a ‘modern’ and ‘racialized’ sexual slavery.

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genecologie

The colonial regulationist of prostitution so institutionalized sexual domination. The implementation of a repressive system is accompanied by the hypocrisy of the authorities for the benefit they took control of the prostitution – and social – under the guise of ‘peril’ Venereum and misery under the pretext of safeguarding morality. In addition slaughter where undernourished prostitutes homes suffered up to 70 daily intercourse, the sale of women for the reserved districts and brothels, there is also the French military campaign brothels. Military brothels that will remain in place until Algerian independence, for proof « L’affaire de Turenne » in 1961 that shows that racism combines colonial rule to justify a very lucrative situation and the trivialization of inhuman and degrading treatment.
The convergence between economic and social settlement system and the old organizational mode the question « marginality economic and social of prostitutes through the urban explosion of proletarianization and decommissioning, the establishment of an offensive industrial capitalism brought by colonization, but also to gauge the impact of this settlement on the societies of origin and on the traditional patriarchal family-specific. »

Searching for Christelle Taraud connects the abominations of the colonial regime the situation prostitutionnelle yesterday and today. And it underscores the influence of this phase on the construction of an « Arab man » image and the lack of recognition of the role of women combatants in the war of independence. These works go far beyond the analysis on a given historical situation and largely encroach on a reflection which joined the news of the two Mediterranean shores.

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genecologie coloniale

 

Jean Pierre Kandolo K.

Author

CongoFlash

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